Avis réservés sur l’encadrement d’une mention “vinification naturelle”

Faute de définition, la porte est aussi bien ouverte à la confusion qu’à la liberté d’interprétation. 
Demandé par les bio et conduit au sein de l’INAO, le débat sur la réglementation d’une mention “vinification naturelle” est ouvert. Et loin d’être tranché parmi les vignerons de cette tendance, intéressés mais craintifs.

Que ce soit pour les vignerons revenant à une vinification épurée ou les consommateurs cherchant du sens derrière l’étiquette, la mouvance des vins naturels a clairement le vent en poupe (preuve en est donné à la carte des bistrots branchés). S’il porte un nom, ce succès se trouve cependant à court d’une simple définition. Selon les personnes interrogées, on peut substituer nature par : bio, sans sulfites, sans le moindre intrant, avec avec peu d’additifs chimiques, avec quelques interventions physiques… Voire même sans pétrole (mais avec de la traction animale).

Comme il semble y avoir autant de chapelles que de bouteilles dites naturelles, le flou règne sur la catégorie (même si la réglementation est claire : interdiction d’étiqueter « vin nature »). D’où l’ouverture d’un débat au sein de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO) sur le besoin, ou non, d’encadrer cette terminologie. Lancé à l’initiative du Comité National de l’Agriculture Biologique, il est désormais élargi aux autres comités vins de l’INAO (AOC et IGP). Face aux discussions de la filière, le mouvement naturel héberge deux positions distinctes : ceux favorables à un moyen de garantir des pratiques au consommateur (et de prévenir les détournements de notoriété) et ceux ne souhaitant pas rentrer dans un moule réglementaire trop large (craignant de faire entrer le loup industriel dans la bergerie artisanale)… [continua]

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